Faut-il investir en FIP, FCPI, FCPI-JEI, FIP Corse ou Outremer pour défiscaliser son impôt sur le revenu ? Quels conseils pour sélectionner les meilleurs fonds ?
Les produits de défiscalisation sont distribués par de nombreux acteurs : banques privées, cabinets de gestion de patrimoine et sociétés de gestion en direct.
Attention toutefois : depuis 2026, ces différents véhicules n’offrent plus tous un avantage fiscal. Le FIP métropole et le FCPI “classique” ont perdu leur réduction d’impôt à l’entrée. Seuls les FIP Corse et Outre-mer, ainsi qu’une nouvelle catégorie de FCPI investis en Jeunes Entreprises Innovantes (FCPI-JEI), permettent encore de réduire son impôt sur le revenu en contrepartie de l’investissement.
Montage
Des sociétés de gestion créent des FIP et FCPI afin d’investir au capital de PME l’argent confié par les souscripteurs. Ces derniers deviennent alors propriétaires de parts des fonds dans lesquels ils investissent. Les gérants investissent selon une stratégie et des contraintes, connues au préalable par l’investisseur, et régulées par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers).
Les FIP et FCPI impliquent une durée de blocage comprise entre 6 et 10 ans et un risque élevé de perte en capital. En contrepartie de ce risque, une réduction d’impôt sur le revenu était historiquement accordée à l’entrée : 25 % depuis le 10 août 2020 (18 % auparavant). Ce n’est plus le cas pour l’ensemble des fonds aujourd’hui :
Le FIP métropole a perdu sa réduction d’impôt à compter du 1er janvier 2026.
Le FCPI classique a perdu la sienne à compter du 21 février 2026.
Seuls les FCPI investissant dans des Jeunes Entreprises Innovantes (FCPI-JEI) conservent un avantage fiscal, désormais différencié selon le profil du fonds : 30 % pour les JEI classiques, 40 % pour les JEI à impact, 50 % pour les JEI deeptech.
Les FIP, censés investir sur des régions identifiées, sont généralement moins risqués que les FCPI qui investissent sur des sociétés investissant une large part de leur chiffre d’affaires en recherche et développement. Le potentiel de gain est réel sur les FCPI. Sur les FIP, l’objectif est généralement de rendre à peu près le capital investi à terme.
Certains FIP sont spécialisés sur des zones géographiques que le gouvernement cherche à stimuler : la Corse et l’Outre-mer. Afin de pousser l’épargne des Français vers ces placements, la réduction d’impôt y reste fixée à 30 %, un taux que les réformes de 2025-2026 n’ont pas remis en cause. Néanmoins, le nombre d’entreprises intéressantes pour des gérants est plus faible dans ces régions.
Attention tout de même, si vous obtenez une réduction d’impôt en contrepartie de votre investissement, c’est que vous investissez dans des sociétés qui présentent certaines caractéristiques. Les sociétés de gestion doivent respecter des critères de taille (bilan, chiffre d’affaires, salariés…) ou même de dépenses en recherche et développement (FCPI).
Ces FIP et FCPI ne sont pas à confondre avec les FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement), FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque) ou FPS (Fonds Professionnel Spécialisé) qui ne donnent aucun avantage fiscal mais permettent d’aller chercher de la plus-value à terme.
Fiscalité
Investir « one shoot » permet d’obtenir une réduction d’impôt de 25% ou 30% l’année suivant l’investissement.
Des plafonds d’investissements sont prévus pour chacune des catégories.
| Plafonds d’investissement | Investisseur seul | Couple |
| FIP Corse | 12 000 €
(réduction 3 600 €) |
24 000 €
(réduction 7 200 €) |
| FIP Outre-mer | 12 000 €
(réduction 3 600 €) |
24 000 €
(réduction 7 200 €) |
| FCPI-JEI / JEII | 75 000 €
(réduction 22 500 € à 30 000 €) |
150 000 €
(réduction 45 000 € à 60 000 €) |
| FCPI-JEIR (deeptech) | 75 000 €
(réduction jusqu’à 37 500 €) |
150 000 €
(réduction jusqu’à 75 000 €) |
| FIP métropole et FCPI classiques | Plus de réduction d’impôt depuis le 1er janvier 2026 | Plus de réduction d’impôt depuis le 1er janvier 2026 |
Les plafonds des FIP Corse et des FIP Outre-mer sont indépendants les uns des autres et se cumulent. Les réductions d’impôt obtenues au titre des FIP Corse et Outre-mer entrent dans le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 €. Les FCPI-JEI, en revanche, en sont explicitement exclus : ils bénéficient d’un plafond spécifique qui leur est propre, cumulé à 50 000 € sur la période 2024-2028, ce qui en fait un levier complémentaire pour les contribuables ayant déjà saturé leurs autres niches fiscales.
Seuls les prélèvements sociaux (18,6 % depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant) seront dus sur les plus-values à la sortie, quel que soit le fonds.
Il s’agit d’une réduction d’impôt et non pas d’un crédit d’impôt (ce dernier donnant lieu à un remboursement de l’administration fiscale). Si vous n’avez pas d’impôt à effacer, la réduction sera perdue.
Sélectionner les meilleurs fonds
Comme toujours, il est important de s’intéresser à la société de gestion. Sont à étudier : son ancienneté, la stabilité des gérants, la composition du capital et sa capacité à liquider totalement les fonds passés, une fois la fin de l’engagement de conservation atteint, tout en créant de la performance.
L’équipe de gestion et son parcours sont déterminants pour décider dans quel fonds investir.
Nous choisissons prioritairement des sociétés dans lesquelles les gérants sont investis dans leurs fonds, ont des parts de la société de gestion et ont une rémunération liée à la performance (carried interest). Ce mécanisme permet d’aligner les intérêts des gérants sur ceux des investisseurs, puisque ces derniers ne toucheront une rémunération variable qu’à condition que le fonds atteigne une certaine performance.
Nous apprécions des sociétés telles qu’Eurazeo et Isatis.
Stratégie patrimoniale
Depuis la réforme 2025-2026, la logique d’investissement dans ces fonds doit être clairement scindée en deux :
- D’un côté, une logique de défiscalisation, qui ne peut plus s’obtenir que via un FIP Corse, un FIP Outre-mer, ou un FCPI-JEI. C’est là que doit se concentrer la réflexion pour un investisseur cherchant avant tout un avantage fiscal.
- De l’autre, une logique de performance pure, sans avantage fiscal à l’entrée, avec un FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement), un FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque) ou un FPS (Fonds Professionnel Spécialisé) qui ne donnent aucun avantage fiscal mais permettent d’aller chercher de la plus-value à terme.
Pour un investisseur qui souhaite investir dans des fonds non cotés défiscalisant, il faut avant tout diversifier le risque en achetant plusieurs fonds tout en profitant d’un avantage fiscal. D’une année à l’autre, d’une société de gestion à une autre, les performances peuvent être très différentes.
Points d’attention
Nous vous rappelons que les frais de gestion sont élevés, comme souvent en Private Equity (souvent au-delà de 3%). Ces frais sont liés à l’analyse de multiples dossiers de sociétés non cotées, mobilisant ainsi des équipes nombreuses. Ils sont prélevés directement sur la valeur de la part.
Le risque en capital pris par les investisseurs reste important, pour un avantage fiscal désormais limité aux seuls FIP Corse/Outre-mer (30 %) et FCPI-JEI (30 % à 50 %).
La durée de blocage est longue : 6 à 10 ans selon les fonds.
Le risque d’illiquidité est particulièrement réel puisque les sociétés de gestion investissent sur de petites sociétés en développement et/ou régionales. Un gérant mettant du temps à liquider son fonds impactera nécessairement son taux de rendement interne.
Notre avis
Notre avis est très réservé sur ce type d’investissement. La défiscalisation ne doit pas être au centre d’une stratégie patrimoniale. Nous préférons grandement agir sur l’assiette de l’impôt que sur l’impôt lui-même ou aller chercher des investissements avec un bon couple rendement / risque qui permettra de réaliser de la plus values sans les contraintes permettant d’obtenir un avantage fiscal à la souscription qui généralement pèse sur la performance à terme.
Pour les investisseurs qui souhaitent malgré tout conserver un objectif de défiscalisation via ce type de support, seuls les FIP Corse, les FIP Outre-mer et les FCPI-JEI le permettent encore avec, pour ces derniers, un profil de risque généralement plus marqué (jeunes entreprises innovantes) qu’il convient de bien mesurer avant d’investir.
Nous préférons, de manière générale, agir sur l’assiette de l’impôt plutôt que sur l’impôt lui-même, dans le but de mettre en place des stratégies patrimoniales plus durables.
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