Faut-il acheter des Bitcoins ? Que penser des crypto-monnaies dans un patrimoine ?
Bitcoin, Ethereum, Litecoin voici quelques-uns des noms les plus connus dans l’univers des crypto-monnaies. Pour rappel, une crypto-monnaie est un protocole informatique, sans intermédiaire, reposant sur une technologie appelée la blockchain.
En tant qu’investisseur, nous entrons ici dans l’univers des placements atypiques, théoriquement réservés aux investisseurs avertis, prêts à supporter une volatilité et un risque élevés.
Par exemple, la bulle qui a été portée par l’engouement de petits épargnants en 2017 et qui a explosé en 2018 est là pour nous le rappeler. En effet, le Bitcoin, la crypto-monnaie la plus connue de toute, est passé en quelques mois de 20 000 $ à 3 700 $, soit une baisse de plus de 80%. Cet épisode n’est pas resté isolé : le marché a connu d’autres phases de très forte volatilité depuis, notamment l’effondrement de la plateforme FTX fin 2022, avant une nouvelle phase de hausse portée par l’arrivée des ETF Bitcoin aux États-Unis en 2024. La leçon reste la même : la volatilité extrême fait partie intégrante de cette classe d’actifs, dans un sens comme dans l’autre.
C’est face à ce type de constat que se pose la question de cette catégorie de placement dans un patrimoine.
Précautions à prendre
Un Conseiller en Gestion de Patrimoine ne vous accompagnera pas sur l’achat direct de crypto-monnaies, qui reste en dehors du cadre réglementaire classique du conseil patrimonial. Nous ne pouvons que mettre en garde les investisseurs qui souhaitent se lancer à titre personnel. Ayez conscience du risque élevé, soyez sûr de votre intermédiaire (vérifiez son autorisation sur la liste des prestataires de services sur crypto-actifs, PSCA, publiée par l’AMF, voir plus bas) et ne placez que de l’argent dont vous n’aurez jamais besoin. 2,5 % de votre patrimoine financier en crypto-monnaies nous semble déjà une limite haute.
Une solution pour s’exposer à cette classe d’actif peut être par exemple l’ETP (Exchange Traded Product) d’Amundi, le premier lancé sur Euronext Paris adossé au bitcoin (code ISIN XS3332092090). Ce produit, qui réplique la performance du bitcoin sans détention directe de cryptomonnaie, est accessible via un compte-titres ordinaire classique ou une assurance-vie luxembourgeoise (mais pas via en PEA ni en assurance-vie française jusqu’à présent), avec des frais annuels de 0,25 % et un profil de risque élevé (6/7). Il s’agit d’un premier accès réglementé et coté au bitcoin, qu’un Conseiller en Gestion de Patrimoine peut, à la différence d’un achat direct de cryptomonnaie, intégrer à une réflexion patrimoniale sans que cela change la prudence de mise sur cette classe d’actifs.
Comme pour tous ces placements aux rendements alléchants (soi-disant une « alternative aux livrets » comme le présentent certaines publicités internet mensongères), il ne faut pas oublier qu’un rendement élevé implique nécessairement un risque élevé, et potentiellement, surtout si vous vous faites démarcher par internet ou suivez une publicité trompeuse… une arnaque. Prudence donc !
A ce sujet vous pouvez vous référer à l’article ” Comment être sûr de ne pas se faire escroquer en investissant dans un produit financier ? Que faire en cas d’escroquerie et que peut espérer l’investisseur lésé ? “.
Fin 2019, la France avait mis en place un agrément PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) auprès de l’AMF. Ce cadre national a depuis été remplacé par le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) : la période transitoire permettant aux anciens PSAN de continuer à exercer sans l’agrément européen s’est achevée le 1er juillet 2026. Depuis cette date, seuls les prestataires autorisés en tant que PSCA (Prestataires de Services sur Crypto-Actifs) au titre de MiCA peuvent légalement proposer leurs services en France ; exercer sans cette autorisation expose à des sanctions pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Nous vous conseillons de vérifier qu’un prestataire figure bien sur la liste des PSCA autorisés publiée par l’AMF avant de lui confier des fonds puisque l’ancien statut PSAN, à lui seul, n’est désormais plus suffisant.
Enfin il convient de bien déclarer ses plus-values et les comptes ouverts à l’étranger. Nous vous recommandons à ce sujet l’article “Bitcoins et cryptomonnaies : Attention à bien déclarer ses comptes et ses plus-values !“
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