Comment faire pour donner du sens à ses placements ? Qu’est-ce que l’Investissement Socialement Responsable (ISR) ?
Un mouvement se développe depuis une dizaine d’années et prend de plus en plus d’ampleur, probablement en lien avec la prise de conscience écologique mondiale, il s’agit de l’ISR (Investissement Socialement Responsable).
Les personnes morales (grandes sociétés, fondations, associations…) ont été les premières à véritablement lancer ce mouvement de fond. Elles représentent toujours aujourd’hui la majorité des encours, mais les particuliers s’emparent de plus en plus de cette question. La thématique ISR prend en compte d’une manière active les critères ESG : Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance.
Donner du sens à son investissement
Pour que l’investissement corresponde aux convictions du client souhaitant s’inscrire dans une démarche ISR, le gestionnaire de patrimoine doit s’y intéresser en détails. La question principale est celle de l’impact de son investissement sur la société en général.
De plus en plus de fonds proposent de mesurer “l’Investment impact”. Par exemple, de comparer les émissions de carbone entre les sociétés composant le CAC 40 et les sociétés du fonds ISR. Il s’agit d’un exemple de mesure parmi d’autres, très nombreux.
L’objectif d’un portefeuille ISR est de sélectionner des fonds vertueux pour constituer une allocation répondant aux critères donnés.
Les différents types d’ISR
L’approche la plus courante est la « Best In Class ». Elle consiste, par exemple, à n’investir que sur les sociétés du CAC 40 qui sont les plus vertueuses sur les critères ESG.
Une autre approche consiste à exclure un certain nombre de secteurs, tels que : les armes, le tabac ou la pornographie.
Enfin, la dernière grande forme d’ISR est constituée des fonds thématiques, investissant sur des secteurs durables : l’eau, le bois, l’optimisation de l’énergie dans les villes…
Le Label ISR, la référence française
Le Label ISR, créé et soutenu par le Ministère de l’Économie, est une référence pour identifier un fonds engagé dans une démarche ISR. Il est régulièrement audité d’une manière indépendant ce qui lui donne du crédit.
Ce label a fait l’objet d’une refonte importante : un nouveau référentiel, publié fin 2023 par la Direction générale du Trésor, est entré en application le 1er mars 2024, avec un tour de vis supplémentaire depuis le 1er janvier 2025. Il exclut (enfin) les sociétés développant de nouveaux projets d’exploration ou de production d’énergies fossiles, et durcit les critères de sélectivité ESG imposés aux fonds candidats. Conséquence directe de ce durcissement : environ un tiers des fonds labellisés sous l’ancien référentiel n’ont pas obtenu le renouvellement du label. Notre cabinet apprécie et soutien la montée en qualité de ce label.
Cette réforme illustre bien la logique de l’ISR aujourd’hui : un label ou une classification n’est jamais acquis définitivement, et sa valeur dépend de l’exigence des critères qui le sous-tendent à un instant donné.
A noter que François-Xavier Soeur, fondateur de Terrae Patrimoine, est devenu membre du comité consultatif du Label ISR au Ministère de l’Économie en 2025.
Cadre réglementaire européen
Le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) structure la finance responsable à l’échelle européenne.
Applicable depuis mars 2021, il impose aux fonds de se classer “Article 6” (pas de caractéristique de durabilité mise en avant), “Article 8” (fonds promouvant des caractéristiques environnementales ou sociales, dit “vert clair”) ou “Article 9” (fonds ayant un objectif d’investissement durable, dit “vert foncé”). Cette classification, obligatoire, est désormais la référence la plus citée aux côtés des labels nationaux : un fonds peut être classé Article 8 ou 9 sans détenir de label français, mais un fonds labellisé Label ISR doit obligatoirement être classé Article 8 ou 9.
Nos portefeuilles
Toutes nos allocations (des plus prudentes aux plus offensives) sont disponibles en ISR. Nous rentrons en détail dans les fonds, afin de les analyser, puis de les sélectionner avec soin ; nous ne nous limitons pas aux labels. Nous souhaitons éviter les gérants pratiquant le « green washing » pour des raisons uniquement marketings.
Un autre moyen de sélectionner les fonds et de donner du sens à ses placements, est de suivre des fonds répondant à certains des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) pour 2030 édictés par les Nations Unies. Nous pouvons citer : l’éducation, l’égalité des sexes, la lutte contre les changements climatiques.
L’obligataire également se développe et se structure activement autour des thèmes ISR. Le plus courant est celui des “Green Bonds” que même un pays comme la France émet désormais chaque année depuis 2017 sous forme d’OAT vertes. L’objectif de ces emprunts est de ne financer que des projets verts et durables : énergies renouvelables, recyclage, éducation, accès à l’eau, gestion durable des ressources…
L’ISR actuellement
Depuis quelques mois, ces fonds ont un impact réel sur les sociétés et la manière dont elles sont gérées. En effet, nous constatons que certains fonds n’investissent plus dans des sociétés ne respectant pas les critères ESG, avec pour conséquence de voir les cours de ces dernières baisser par rapport à leur indice de référence. Afin de contenter leurs actionnaires, elles sont donc obligées d’adapter leurs activités et leur gestion pour se rapprocher des critères ESG. Elles peuvent alors revenir dans le champ des fonds d’investissement. Par exemple, de 2019 à 2024, le bonus du PDG de Shell était également lié à la réduction des émissions de CO2 de la société… sans pour autant rentrer dans le champ d’éligibilité des fonds ISR. Néanmoins c’est une analyse permanente à mener puisque par exemple, Shell a assoupli plusieurs de ses engagements climatiques, abandonnant en 2024 son objectif de réduction d’émissions pour 2035 et affaiblissant son objectif 2030.
L’ISR ne doit pas être un prétexte de sous performance par rapport aux gestions traditionnelles. A court terme néanmoins, il peut sous performer ou surperformer pour des raisons sectorielles. Si, par exemple, le domaine pétrolier s’envole pendant quelques mois, les allocations ISR rateront cette hausse. L’inverse est également vrai en cas de crise sur ce secteur.
Cette démarche ne se limite pas aux fonds, on peut la prolonger avec des investissements immobiliers (Fonds de Private Equity immobiliers).
Enfin si l’objectif n’est pas uniquement financier mais bien philanthropique et donc sociétal, la souscription de parts de fonds de partage peut avoir du sens.
Terrae Patrimoine
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