Comment être sûr de ne pas se faire escroquer en investissant dans un produit financier ? Que faire en cas d’escroquerie et que peut espérer l’investisseur lésé ?
Les exemples d’arnaques, notamment sur internet ou lors de démarchages, sont nombreux. Diamants, vins, terres rares, manuscrits anciens, cryptomonnaies, forex, options binaires, whisky ou encore vaches laitières font partie des cas les plus courants. Ces montages se doublent de plus en plus souvent d’une usurpation d’identité : faux conseillers en gestion de patrimoine, fausses banques ou faux influenceurs crypto se présentant comme des professionnels reconnus pour gagner la confiance de leurs victimes.
Les bons réflexes
Nous conseillons d’être simplement prudent. En tant qu’investisseur, il convient de se méfier de placements trop alléchants : un rendement élevé, des garanties de plus-values ou encore un placement qui semble atypique dans son fonctionnement doivent alerter immédiatement. Nous ne pouvons que recommander à un investisseur ne comprenant pas parfaitement un placement de ne pas le réaliser. Le seul attrait du gain est dangereux.
Autre réflexe essentiel : vérifier que votre interlocuteur est bien un professionnel enregistré. Un conseiller en gestion de patrimoine, un courtier ou un intermédiaire en assurance doit obligatoirement figurer au registre unique tenu par l’ORIAS (www.orias.fr). Pour les banques et assureurs, le registre Regafi de la Banque de France (www.regafi.fr) permet la même vérification. Ces deux annuaires sont gratuits et consultables en quelques secondes : un professionnel sérieux ne s’offusquera jamais qu’on lui demande son numéro d’immatriculation.
Soyez également vigilant face aux appels ou messages vocaux imitant la voix d’un conseiller bancaire ou d’un proche grâce à l’intelligence artificielle (« deepfake vocal »). La Banque de France a alerté à plusieurs reprises sur ces usurpations, utilisées notamment pour obtenir un virement en urgence ou des codes de confirmation. En cas de doute, raccrochez et rappelez votre interlocuteur sur un numéro que vous connaissez déjà, jamais sur celui qui vous a été communiqué pendant l’appel.
Si un placement semble douteux, une première vérification est à réaliser sur une liste noire, établie par l’AMF et régulièrement mise à jour : https://www.amf-france.org/Epargne-Info-Service/Proteger-son-epargne/Listes-noires
Cette liste met en garde contre des sites web à éviter. Bien qu’actualisée régulièrement, elle ne peut être bien sûr exhaustive. Les escrocs ont malheureusement souvent un coup d‘avance sur les régulateurs, en particulier sur internet.
Il est également possible de contacter “Epargne Info Service” qui est une plateforme commune à l’ACPR et à l’AMF au 01 53 45 62 00. Un numéro national unique, Info Escroqueries (0 805 805 817, appel gratuit), permet aussi de signaler tout type d’escroquerie, financière ou non, et d’être orienté vers l’interlocuteur compétent.
Les banques doivent théoriquement rembourser les épargnants en cas d’arnaque mais c’est très rarement le cas, le consommateur ayant un devoir de vigilance.
Eviter l’engrenage
Il convient également de se méfier des arnaques à la suite des premières… Les investisseurs, souvent honteux de s’être fait avoir, ne portent pas plainte. C’est alors que les escrocs peuvent continuer leurs méfaits et de nouveau se manifester sous une autre forme : faux avocats, faux inspecteurs ou faux contrôleurs des impôts… les méthodes sont souvent les mêmes : des sommes d’argent à verser ou des coordonnées bancaires à fournir pour payer des amendes ou lancer des procédures imaginaires.
Une variante fréquente est la fausse société de « recouvrement » ou le faux avocat qui promet, moyennant des frais avancés, de récupérer les fonds perdus dans une première arnaque. Aucun professionnel sérieux ne demande de règlement par avance pour ce type de démarche : c’est, la plupart du temps, une seconde escroquerie qui vise les mêmes victimes.
Si vous avez été victime d’une attaque : allez porter plainte dans un commissariat ou une gendarmerie. De plus, contactez votre banque pour faire opposition sur les prélèvements frauduleux et les éventuels moyens de paiements détournés.
Vous pouvez signaler une escroquerie ou une arnaque financière utilisant internet, sur le site PHAROS. Il est également possible depuis le 2022 de se servir de la plateforme Thesee (Traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries. Sur cette dernière, une trentaine d’enquêteurs traitent les sollicitations reçues, généralement en 48 heures. Cette page du site service-public.fr permet d’orienter au mieux les internautes entre PHAROS et Thesee : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N31138
Enfin, rappelez-vous que les autorités de tutelle comme l’AMF et l’ACPR n’ont pas pour vocation de vous restituer les fonds perdus dans ces arnaques. Dans le cas de pertes liées à des placements financiers frauduleux, les escrocs sont souvent situés dans des pays hors zone euro et l’argent a transité par de nombreux comptes bancaires afin de brouiller les pistes.
Il n’existe, ainsi, pratiquement aucun espoir de retrouver le capital investi.
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