Pourquoi diversifier son patrimoine grâce au Private Equity ?
Le Private Equity (Fonds d’investissement non cotés en bourse) permet d’exposer son patrimoine financier, via des fonds, à une classe d’actifs souvent peu utilisée par les investisseurs et donc de profiter d’un nouveau moteur de performance décorrélé des marchés financiers cotés (Bourse). Il désigne les titres non cotés (actions et obligations principalement), par opposition au Public Equity qui désigne les actions cotées (par exemple les actions du CAC40 ou du Dow Jones).
Fonctionnement
Les fonds de Private Equity prennent des participations dans des PME et ETI, à travers des actions et/ou des obligations. La prise de participation aidera l’entreprise à se financer ou à se développer. Il s’agit d’un véritable levier pour les entreprises, aux côtés des emprunts bancaires. Les gérants des fonds vont participer à la direction des sociétés dans lesquelles ils investissent, afin d’accompagner leur croissance. Ils apportent avec eux un véritable savoir-faire et souvent un important réseau.
Les investissements sont très concrets pour un particulier qui détient des parts de fonds, puisqu’il recevra, généralement, un rapport semestriel qui explique l’ensemble des participations prises, la stratégie et les performances. L’investisseur participe ainsi activement au financement de l’économie réelle : développement de start-up, création d’emplois…
Stratégie financière
Ce type d’investissement se démocratise. A l’origine utilisés principalement par les investisseurs institutionnels (banques, fonds de pensions…) et les grandes fortunes, des fonds de Private Equity, validés par l’AMF, sont désormais accessibles aux particuliers disposant d’un patrimoine financier à diversifier.
Cette démocratisation s’est nettement accélérée ces dernières années. D’une part, le règlement européen ELTIF 2.0, applicable depuis le 10 janvier 2024, a assoupli l’accès des particuliers aux fonds de long terme non cotés : suppression du ticket d’entrée minimum réglementaire de 10 000 €, remplacement du test de richesse (plafonnement à 10 % du patrimoine financier pour les portefeuilles de moins de 500 000 €) par une évaluation d’adéquation individuelle (test MiFID II), et abaissement du quota d’actifs éligibles de 70 % à 55 %, ce qui permet aux fonds de proposer des mécanismes de liquidité périodique (fonds dits “evergreen”). Fin 2025, environ 34 milliards d’euros étaient investis dans 268 fonds ELTIF, dont 113 lancés au cours de la seule année 2025.
D’autre part, la loi Industrie Verte impose désormais aux gestionnaires d’intégrer une part minimale d’actifs non cotés dans les profils de gestion pilotée par défaut de l’assurance-vie (4 % pour un profil équilibré, 8 % pour un profil dynamique) et du PER (de 6 % à 15 % selon le profil, dont au moins 85 % de non coté). Initialement fixée au 24 octobre 2024, l’échéance de mise en conformité a été reportée au 31 décembre 2026. Le Private Equity devient ainsi, pour une partie croissante des épargnants, une composante par défaut de leur épargne réglementée plutôt qu’un choix actif réservé à quelques initiés.
Les investisseurs se tournant vers ce genre de placement recherchent des rendements élevés (généralement de 6% à 10%), en contrepartie d’un risque également important et d’une durée de blocage souvent comprise entre 5 et 12 ans. Le couple rendement risque est donc excellent sur une longue période mais la liquidité est faible.
À titre de repère chiffré, l’étude France Invest / EY de juillet 2025 relève un taux de rentabilité interne (TRI) moyen du Private Equity de 11,3 % sur la période 1987-2024, mais avec une tendance à la baisse sur les périodes récentes : 12,4 % sur 10 ans (2014-2024) contre 10,4 % sur 5 ans (2019-2024). Pour les fonds réellement accessibles aux particuliers, l’AMF évoquait en janvier 2025 une fourchette plutôt comprise entre 4 % et 10 % selon le type de fonds (hors avantage fiscal FIP/FCPI). Le haut de la fourchette de 6 à 10 % reste donc d’actualité, mais mérite d’être nuancé à la baisse selon les millésimes et les types de fonds.
La société de gestion doit être choisie avec soin et l’allocation diversifiée : styles de gestion, secteurs d’activité, tailles de société, actions et/ou obligations…
Pour aller plus loin
François-Xavier Soeur, fondateur et président du Groupe Terrae Patrimoine avait abordé ce sujet sur le plateau de BFM Business le 17 avril 2024.
Une émission à retrouver sur le replay de BFM Business et dans la revue de presse de notre cabinet.
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